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Le blog du Printemps des Poètes de Limeyrat

2015 : l'insurrection poétique

, 15:22pm

Publié par Printemps des Poètes de Limeyrat

2015, année impaire, seule la bibliothèque fêtait le Printemps des Poètes...

 

L'affiche de l'installation "Nous sommes la vie, nous sommes Charlie" à la bibliothèque :

affiche pour le Printemps des Poètes 2015 à Limeyrat - conception graphique Didier Ballesta
affiche pour le Printemps des Poètes 2015 à Limeyrat - conception graphique Didier Ballesta

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Pour fêter l'insurrection poétique, une installation conçue et réalisée par Josiane et Didier Ballesta était proposée dans les deux petites salles de l'étage de la bibliothèque Andrée Chedid : un mur érigé au centre de chaque pièce. Deux murs, donc, et quatre faces : suffisamment pour créer un espace façon art urbain - ou "street-art - avec affiches déchirées, graffitis, pochoirs. Poésie graphique, mais aussi textes poétiques, aphorismes, portraits de poètes... L'une des faces était dédiée aux journalistes tombés à Charlie Hebdo, une autre s'offrait à la libre expression du public.

Les murs :

2015 : l'insurrection poétique

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2015 : l'insurrection poétique

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Sur le mur dédié à Charlie :

2015 : l'insurrection poétique

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Le mur proposé à la libre extression des visiteurs :

2015 : l'insurrection poétique

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Installation visuelle et sonore : une bande son avait été réalisée, chant d'insurrection construit par accumulation d'extraits de poèmes de Nazim Hikmet, Mahmoud Darwich, Louise Michel, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, René Char, Victor Hugo, Gabriel Celaya, jean-pierre Siméon, Gaston Miron, Michel Thion et Guillaume Apollinaire, sur fond de cris de foule, de chansons de révolte et d'espoir...

Ouvre encore une voile, Yousouf l'Infortuné
Attire vers toi le port où tu vas
Et arrache une branche au prunier
Pour que les pigeons de la prison suivent ton sillage.

Prends-moi aussi Yousouf
Sur ton bateau.
Mon bagage n'est pas lourd:
Un livre, un cahier et une photo.

Allons-nous-en, frère, allons-nous-en
Le monde vaut la peine d'être vu.

La mer s'est calmée
Rougeurs dans le ciel
C'est l'aurore
La nuit qui nous semblait infinie
Est finie.
Voici devant nous la Barcelone du Frente popular
Fini notre voyage
Amenez les voiles, l'ancre à la mer!
Les pigeons qui suivaient notre sillage
s'en retournent dire aux copains
que nous sommes arrivés à bon port.

 

Un million d’oiseaux 

sur les branches de mon coeur

inventent l’hymne combattant

 

Hirondelle aux yeux noirs, hirondelle, je t’aime !

 

Venez, compagnons de chaînes

et de tristesses

marchons vers la plus belle rive

 

Je ne sais quel écho par toi m’est apporté des rivages lointains

 

nous ne nous soumettrons pas

nous n’avons à perdre que nos cercueils.

 

pour vivre, loi suprême,

Il me faut, comme à toi, l’air et la liberté. 

 

Demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

 

Nuit de juin ! Dix-sept ans !... On se laisse griser.

La sève est du champagne et vous monte à la tête.

 

À tous les repas

pris en commun,

nous invitons 

la liberté

à s’asseoir.

La place demeure vide

mais le couvert

reste mis.

 

L'humanité lisant, c'est l'humanité sachant.
Quelle niaiserie donc que celle-ci : la poésie s'en va ! on pourrait crier : elle arrive !

Poésie des pauvres, poésie nécessaire 

Comme le pain de chaque jour 

Comme l'air que nos poumons exigent chaque seconde 

Pour être, et puisque nous sommes, ce oui qui nous fait hommes.

 

Maudite soit la poésie conçue comme un luxe Culturel par tous les neutres, ceux qui font la sourde oreille, ceux qui gardent les mains propres, 

Maudite soit la poésie dont pas un mot ne s'engage et ose jusqu’à s’en s’en salir. 

 

Je fais miennes les fautes, je ressens les souffrances, 

Et respirant, je chante,

Chante et chante

et chantant au-delà de ma peine

de mes peines personnelles

j’avance, j’avance.

 

Je crois en ceux qui marchent

à pas nus

face à la nuit

 

Je crois en ceux qui doutent

et face à leur doute

marchent

 

Je crois en la beauté oui

parce qu’elle me vient des autres

 

Je crois au soleil au poisson

à la feuille qui tremble

et puis meurt

en elle je crois encore

après sa mort

 

je crois en celui 

qui n’a pas de patrie

que dans le chant des hommes

 

et je crois qu’on aime la vie

comme on lutte 

à bras le corps

 

je parle avec les mots noueux de nos endurances
nous avons soif de toutes les eaux du monde
nous avons faim de toutes les terres du monde

donne la main à toutes les rencontres, pays

toi qui apparais

par tous les chemins défoncés de ton histoire

aux hommes debout dans l'horizon de la justice

qui te saluent

salut à toi territoire de ma poésie

 

Il n’est pas temps.

 

Il n’est pas temps d’abandonner l’avenir au passé, de s’arrêter au bord du chemin.

 

Ramper, c’est fini. Nous l’avons assez fait. Trop.

 

Il n’est plus temps de se bander les yeux pour ne pas voir l’obscurité.

 

Elle est là.

 

C’est le temps sombre.

Alors nous disons qu’il est temps de lumière.

 

Reconnaître la mort tapie dans les anfractuosités de la vie, lui dire qu’il n’est pas temps de lui ouvrir la porte, qu’elle aille visiter le pays des éléphants siffleurs.

 

Il n’est pas temps de se dandiner dans les flaques de la résignation.

 

Il est temps de boire l’eau fraîche qui coule de la conversation des égaux.

 

De pleuvoir sur l’été d’une pluie douce et chaude.

 

De faire bien commun de tout ce qui a dignité.

 

Joyeusement, faisons-le.

 

Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières

De l'illimité et de l'avenir

Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés

Voici que vient l'été la saison violente

Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps

O Soleil c'est le temps de la raison ardente

Et j'attends.

 

La soirée poético-musicale du 11 avril 2015, à la salle polyvalente de Limeyrat, une co-organisation Bibliothèque Andrée Chedid de Limeyrat / Atelier des Heures Rêvées de Thenon...

 

Le teaser, réalisé par Frantz Vigier de l'Atelier des Heures Rêvées :

L'affiche de la soirée - réalisation Didier Ballesta :

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2015 : l'insurrection poétique

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 il s'agissait donc d'arracher la joie aux jours qui filent, rien de moins, dans une salle métamorphosée par Ambre Ludwiczak et Frantz Vigier ...

Accompagnés par Frantz Vigier au saxophone, Josiane et Didier Ballesta ont proposé une version "live" du texte de l'animation sonore de l'installation (lire plus haut).

Puis ce fut au tour des artistes poètes-chanteurs-musiciens, Serge-Rémy Sacré, Ruth Bentjey et Rachel Manus de Half naked truth... 

Après le repas convivial sous forme d'auberge espagnole, les artistes ont généreusement repris leur tour de chant jusque tard dans la nuit pour le plus grand plaisir des spectateurs sous le charme.

 

Quelques photos de la soirée :

 

2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique
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2015 : l'insurrection poétique
2015 : l'insurrection poétique