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Le blog du Printemps des Poètes de Limeyrat

2012 : atelier d'écriture "je me souviens"

, 05:19am

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Enfances... Souvenirs d'enfances... Souvenirs de son enfance... nous avons recueilli quelques uns de ces souvenirs d'enfance, grâce au micro de Laurent Guédo... On a pu les écouter à la bascule-maison de pain d'épices pendant le Printemps des Poètes... 

 

En voici quelques extraits, volontairement anonymés...

 

Je me souviens de grands repas de famille avec oncles, tantes, cousins, cousines, sous les arbres dans le jardin de chez mes grands parents. Mon grand-père qui racontait ses histoires de chasse, ma grand-mère qui régalait sa tribu. Les tournois de pétanque interminables, les parties de belote....

 

Je me souviens que l'on partait des aprés midis entiers en convoi, vélos, mobylettes pour les mieux équipés. On allait à 9 kms de chez nous pour passer du temps au plan d'eau de la commune voisine, faire du pédalo, se baigner, se balader en barque, pêcher avec les moyens du bord.

 

Je me souviens de la ferme où je suis née. J’ai appris le dur travail des champs, et à m’occuper des bêtes et à les aimer.

Je me souviens d’un jour où je suis allée ramasser les œufs au poulailler ; un spectacle comique m’y attendait. Les poules criaient et caquetaient en courant dans  tous les sens dans la basse-cour ; elles tombaient en écartant les ailes et se jetaient contre la clôture comme des folles. Je me souviens d’avoir cherché avec ma mère la cause de cette agitation.

Nous avons conclu quelles avaient mangé des graines de cassis macérées dans l’eau de vie, et que ma mère avait jetées sur le tas de fumier. Les poules étaient saoules !

Le jus recueilli de ces graines servait à faire un excellent sirop digestif.

 

Dans notre village il y avait une cinquantaine d’habitants dont cinq cultivateurs qui vivaient des produits de la ferme.

Je me souviens des personnes âgées ; un couple vivait près de chez nous dans une masure, une seule pièce qui servait de cuisine et de chambre, éclairée par une lampe à pétrole. Le pépé était alité et se lamentait toute la journée. Je l’avais surnommé « Lala » ; « Petit Jean » et sa « Dubrille », « la Tissou », petite vieille très gentille, « la Tantille », la Marthe et son petit chien.

Je me souviens de la Marthe qui nous racontait des histoires de châteaux, de souterrains où le dernier seigneur avait caché un trésor (le veau d’or, disait-elle.

 

 

Je me souviens, quand ma mère me demandait d’aller au magasin pour lui acheter, mettons... 100 grammes de fromage rapé. Je me souviens qu’en ce temps-là, le fromage rapé n’était pas vendu tout préparé, dans des poches plastiques sous vide, comme maintenant. Je me souviens de l’épicière qui vous en râpait le poids désiré et vous le mettait dans un petit sachet en papier. Je me souviens du retour vers la maison, comme c’était tentant de déplier le haut du sachet et d’en goûter un petit peu... Juste un petit peu... Et je me souviens qu’un peu plus loin, j’ai reprenais encore un petit peu... Je ne me souviens pas ce qui restait quand j’arrivais à la maison, mais certainement peu des 100 grammes achetés...

 

Je me souviens aussi des saucissons que j’allais chercher dans ces mêmes «Magasins généraux», c’est comme ça que ça s’appelait. Je me souviens que je prétendais venir pour mes parents et que je faisais mettre le saucisson sur leur ardoise. Évidemment, ils n’en voyaient pas la couleur, de ce saucisson : je me souviens que je le dégustais dans un coin tranquille, seul ou avec quelques copains... Comme ça, sans pain... Je me souviens comme c’était bon.

 

 

Je me souviens de l’été où j’ai appris à faire du vélo

Je me souviens qu’il était bleu et encore un peu grand pour moi

Je me souviens que sur la route plate je maîtrisais mon déplacement en tenant bien ma droite

Mais je me souviens aussi que mes mains étaient trop petites pour serrer les freins

Je me souviens de ces arrêts spectaculaires où juste avant d’aborder une descente dangereuse à mes yeux, j’obliquais vers un champ de raves

Je me souviens alors que ces légumes me ralentissaient dans mon élan et que je me retrouvais souvent par terre à côté de ma bicyclette ! 

 

Je me souviens d’une leçon de choses, comme on disait à l’époque, sur l’automne. Je vivais alors au bord de la Méditerranée, au milieu des pins, des palmiers, des mimosas, des chênes verts. 

Je me souviens que notre maître insistait sur les couleurs jaune, rouge des feuilles d’arbres, feuilles qui finissaient par tomber...

Je me souviens de la perplexité des élèves...La crédibilité de notre instituteur fut sauvée par la présence de platanes dans la cour de notre école ! Avec du recul, je pense que c’était sans doute une démarche pédagogique pour nous amener à parler des arbres à feuilles persistantes ! ... ou alors...


 

 

Je me souviens qu’il y avait, vivant au fond de notre petit hameau, à l’orée des bois, une pauvre masure où vivaient deux pauvres vieux : les Dantoux.

 

Je me souviens que mon père nous a souvent raconté que le jour où le père Dantoux est mort – c’était un de ces hivers comme on n’en voit plus, très rigoureux, où il gelait « à pierre fendre » même parfois jusque dans les maisons, peut-être en 1956 – les hommes du village sont allés aider la pauvre vieille, « la Marthe » à habiller le défunt déjà tout raidi par la mort et aussi par le gel. Ils l’ont allongé sur la table de la grande pièce qui servait de cuisine et de chambre et l’ont habillé, non sans mal pour son dernier voyage ; puis ils l’ont recouché sur la paillasse qui lui servait de lit et ont mangé « le casse croûte » et bu le coup de rouge sur la même table !

 

Je me souviens encore de cette pauvre vieille, la Marthe comme on l’appelait, qui était un peu sauvage et évitait de rencontrer du monde. Nous, les enfants, nous nous moquions d’elle et la traitions un peu de sorcière.

Je me souviens qu’elle venait quand même chez nous et que ma mère lui lisait les lettres que ses enfants –tous partis depuis longtemps- lui envoyaient.


 

J'ai vécu mon enfance à Paris. Dans les années soixante, je m'en souviens, je fréquentais l'école primaire Félix Pécaut, où la mixité était exclue, puisque deux bâtiments identiques hébergeaient d'un côté les garçons et de l'autre les filles.

 

Je me souviens que nous habitions au troisième étage d'un immeuble qui en comptait six et qui possédait une cour intérieure avec un autre immeuble en vis-à-vis et je me rappelle que parfois un homme, le dos chargé de vitres, venait proposer ses services pour remplacer le verre cassé des fenêtres en criant haut et fort : "Vitrier! Vitrier!"...

 

Il arrivait également qu'un chanteur des rues, accompagné quelques fois d'un orgue de barbarie, nous propose son récital. Les locataires des deux immeubles qui avaient apprécié les chansons lançaient alors quelques pièces par les fenêtres pour le récompenser. 

 


 



 

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